Introduction : les raisons de la colère

Ce projet n’est pas de droite, car il prône un état qui joue vraiment son rôle de régulateur.

 

Ce projet n’est pas de gauche, parce qu’il part du postulat que le bien être collectif passe d’abord par la création de richesse plutôt que par sa redistribution.

 

Et il a raison de n’être d’aucun des deux bords, à en juger par l’incapacité des gouvernements à entraîner une dynamique positive de notre économie, et résoudre nos problèmes sociaux. Notre politique économique, comme celles des gouvernements précédents, sont toutes responsables du système non seulement inefficace, mais en plus amoral, dans lequel nous sommes condamnés à vivre sans changement radical des mentalités. D’autres modèles sont à inventer.

 


 

1. Un système économique inefficace


Les problèmes de l’économie française sont connus, car ce sont les mêmes depuis des décennies : croissance molle, chômage de masse, perte de compétitivité à l’export, problème de financement de l’économie. Les gouvernements ont tous tenté, et tentent encore, de résoudre ces problèmes de façon séparée, et par des solutions de court terme (le temps d’un mandat maximum), qui n’ont jamais remis en cause les problèmes de fond. C’est ainsi que l’on confond dépense et investissement et que les problèmes que nous connaissons, faute d’argent à « dépenser », ne sont jamais résolus.

 

C’est ainsi que réduire les budgets de l’éducation est encore considéré aujourd’hui comme un progrès pour l’économie, car les dépenses sont réduites. Or, si l’on met en perspective ses dépenses dans le long terme, on se rend compte que les coûts économiques de l’absence de travailleurs qualifiés, cultivés et créatifs sont de loin supérieurs à la réduction du budget en question. Par conséquent, en négligeant le social, on fait de la mauvaise économie.

 

Faute d’investissement de l’Etat dans ses services, ces derniers deviennent même contre-productifs. Ainsi la justice fabrique des récidivistes, l’école des ignorants et les hôpitaux des malades neusocomiaux.

 

Les problèmes de l’économie française, et notamment de nos finances publiques, viennent également du fait que la bonne santé de notre économie ne soit mesurée que par la richesse dégagée par les entreprises. Cette vision réductrice, on le sait depuis longtemps, présente les défauts d’ignorer la valeur de ce qui n’est pas marchand, mais constitue une richesse, et ne prend pas non plus en compte les effets externes de l’activité des entreprises, en particulier les coûts écologiques de leur activité.

 

 


2. Un système économique amoral


Notre système économique est amoral, et c’est en cela qu’il est encore plus choquant, et qu’il nécessite d’être combattu.

 

Le phénomène de « travailleur pauvre » que connaît une grande part de la population, pour ne pas dire la majorité, est particulièrement symbolique de cette amoralité. Sans leur travail, que reste-t-il aux personnes pour dégager des revenus ? Ne rien faire, c’est évidemment les encourager à développer une économie parallèle. Que dire d’une situation où les riches peuvent s’offrir de ne manger que des produits biologiques, et avoir droit ainsi à une alimentation saine, tandis que le pauvre doit manger les divers pesticides contenus dans les produits les moins chers et attraper des cancers ?

 

Par ailleurs, en raison du « peu de leviers » dont dispose le gouvernement pour provoquer un choc de croissance, la France est obligée de mettre entre parenthèse son statut historique de pays des Droits de l’Homme, en écartant ce sujet quand il est gênant, pour mieux tisser des liens commerciaux et diplomatiques biens placés auprès de dictatures, telles que la Chine ou la Libye. Cette politique est non seulement amorale, mais en plus antidémocratique car très clairement, elle est décidée par peu de gens sans consultation du peuple français ou de ses représentants, qui ne manqueraient pas, on en est sûr, de se faire entendre.

 

Enfin notre système est amoral car il condamne l’Etat à ne plus jouer son rôle de régulateur social. Les phénomènes d’éducation à deux vitesses, de médecine et de justice à deux vitesses, sont des manifestations du fait que les services publics reproduisent les inégalités sociales, au lieu de les réduire.

 

 

 

 

Parce que l’ensemble des problèmes que connaît la France sont liés, et parce qu’il existe des solutions alternatives pour les résoudre qui dépasse le conflit des riches contre les pauvres (dialectique principale de la politique française), le projet politique dont il est question ici sera présenté de la façon suivante :

 

- dans une première partie, les objectifs de ce projet seront détaillés. Ceux-ci expliquent quel est le modèle idéal d’économie vers lequel ce projet veut aboutir.

 

- dans une deuxième partie, les moyens à entreprendre pour atteindre ces objectifs seront expliqués. Il s’agit des mesures à prendre qui constituent l’architecture de ce nouveau système économique

 

- dans une troisième partie, ces moyens seront confrontés aux contraintes qu’il faudra dépasser pour mettre en place ce projet

 

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 24/12/2007

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