
La première des contraintes qu’intègre ce projet est bien entendu la mondialisation. Mais cette dernière est le fil conducteur de tout ce projet. Par conséquent, je parlerai des autres contraintes, qui dans le détail, peuvent empêcher la réalisation de ce projet.
1. L’aspect financier
Tout d’abord, il faut bien avoir conscience que les politiques menées depuis toutes ces années ne sont jamais parvenues à endiguer la dégradation de nos finances, et en sont même responsables. Et celles menées aujourd’hui conduiront au même résultat.
Par conséquent, si ce projet est coûteux, il n’en reste pas moins que c’est la seule solution réaliste qui existe pour améliorer nos finances.
1.1. La question de la dette
Le poids de la dette est le premier argument à opposer à ce projet. La France est limitée à un taux d’endettement de 60% du PIB par le Pacte de Stabilité et de Croissance. Or depuis sa création, des assouplissements ont déjà été apportés à ce pacte pour exclure du calcul de ces 60% les investissements dans la recherche. Après tout, l’objectif de l’Europe est bien de devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde ».
Ensuite, le seul moyen de réduire la dette est d’investir dans de réelles capacités de créations de richesse. Or, on sait désormais que celles-ci passent forcément par l’investissement dans la recherche et le système éducatif. Par conséquent, ce projet, même s’il est coûteux, est paradoxalement le seul permettant de sortir de la dette.
1.2. Où trouver l’argent ?
« Nos caisses sont vides », continuons-nous à entendre. Certes, elles sont vides. Alors allons chercher l’argent là où il est. Il y a aujourd’hui, sur les marchés financiers, un montant de capitaux quatre fois plus élevé que l’ensemble du PIB mondial. C’est donc là que l’on doit trouver nos fonds.
Comment ? Sous forme d’obligation d’état évidemment.
Depuis la crise américaine des subprimes, les obligations ont la côte, surtout celles des états européens. Les pays membres de la zone Euro présentent en effet des risques inférieurs aux Etats-Unis, ou même au Japon, qui a connu des déboires dans son système bancaire. Pourquoi ne pas profiter de cette côte sur les marchés financiers ?
Ensuite, l’obligation d’Etat peut être un moyen de financement de long terme, si leurs échéances sont à 10 ou 20 ans, ce qui permet d’investir sans pénaliser les finances à court terme.
Enfin, la politique d’investissement dans le système éducatif et la recherche ne pourra être interprétée par les marchés financiers que comme un signe positif pour la création de richesse dans notre économie, ce qui renforcera encore la côte de la France sur les marchés financiers.
2. L’inflation.
Ce projet est-il inflationniste ?
Il est à prévoir que certains produits (notamment les produits agricoles) connaîtraient des hausses de prix. Pour atténuer ce phénomène, je propose que ce projet soit mis en place progressivement et dans la concertation (cf 5. Les lobbys).
Mais globalement, ce projet ne prévoit ni de politique monétaire différente, ni de politique de hausse de salaire artificielle, par conséquent, il n’est pas inflationniste. En outre, on peut compter sur deux garde-fous pour s’assurer que l’inflation sera maîtrisée : tout d’abord la concurrence, ensuite la Banque Centrale Européenne, dont on sait qu’elle rempli ce rôle avec zèle. D’ailleurs une forte hausse des taux d’intérêt ferait baisser le coût du logement, ce qui serait là encore une amélioration significative.
3. Les partenaires
européens
Evidemment, obtenir l’adhésion des partenaires européens sur ces idées permettrait une dynamique globale, et donc une plus grande efficacité du projet.
Mais les convaincre sur ces idées simples ne devrait pas présenter de grandes difficultés, dans la mesure où elles ne vont pas à l’encontre des règles fixées par l’Union, et qu’elles répondent en outre, aux grandes orientations fixées par les chefs politiques européens depuis un certain nombre d’années.
4. La classe politique
Conscient que ce projet remet en cause les intérêts de l’ensemble des membres de la classe politique, j’imagine que c’est le principal obstacle que empêchera ce projet d’être considéré.
A défaut d’être reprises dans le programme des partis, ces idées pourraient cependant fédérer un grand nombre d’électeurs qui ne s’estiment pas représentés, que ce soit par un parti ou par un autre. En effet, ce projet présente la particularité de ne pas opposer une classe sociale par rapport à une autre.
Ce qui nous amène au deuxième problème, comment être visible quand on a des idées ni de gauche, ni de droite ? Faut-il exister médiatiquement ou est-il possible de faire reprendre ces idées en restant anonyme ? Trouverons-nous un jour un homme politique prêt à s’engager sur le non cumul des mandats dans le temps ? Difficile… Alors, soutenez ce projet !
5. Les lobbys
Il est clair que le lobby agricole va sans doute trouver des choses à reprocher à ce projet. Par conséquent, sans renoncer à l’objectif d’une agriculture 100% biologique, il importe de négocier avec les représentants du monde agricole la mise en place progressive de cette mesure. Cette progressivité permettra non seulement une meilleure compréhension et engagement des agriculteurs, mais également d’atténuer les prix dans le temps, afin de ne pas trop pénaliser les ménages.
Les lobbys industriels a priori auraient tout à gagner de ce plan. Tout d’abord, le fait d’avoir une main d’œuvre et des infrastructures performantes constituent pour elle un atout considérable pour développer leur activité en France. Ensuite, la réforme de la représentativité syndicale leur permettra de négocier avec plus d’efficacité en cas de crise. Enfin, la hausse du pouvoir d’achat, liée à la hausse des salaires, les encouragera à augmenter leur production.
6. Les syndicats
Les syndicats peuvent évidemment s’opposer à la réforme de la représentativité des salariés. Mais de toutes façons, ils ne sont jamais d’accord, y compris entre eux, ce qui entraîne systématiquement des blocages et c’est bien ce qu’essaie de résoudre cette réforme.
Par ailleurs, l’obligation de se syndiquer va automatiquement améliorer les finances des syndicats, puisqu’il y a multiplication du nombre de cotisations. C’est pourquoi, cette réforme ne rencontrera pas d’opposition franche de l’ensemble du monde syndical.
7. Les électeurs
Entre ceux qui ont voté Sarkozy, mais avec des scrupules, ceux qui ont voté Bayrou parce qu’ils ne voulaient pas de Sarkozy, ceux qui ont voté Ségolène mais quand même heureusement qu’elle a pas été élue, et ceux qui votent aux extrêmes parce que « mince on fait rien pour nous », le nombre d’électeurs potentiellement intéressés par ce projet sont nombreux.
3/10 sur 8 votes
Sélectionnez une note puis validez par "Noter"